L’IEP d’Aix, caricature de la marchandisation de l’enseignement supérieur !

admin 9 octobre 2014 Commentaires fermés sur L’IEP d’Aix, caricature de la marchandisation de l’enseignement supérieur !
L’IEP d’Aix, caricature de la marchandisation de l’enseignement supérieur !

Ce 3 octobre, les médias Médiapart et Marsactu publiaient une longue enquête sur la “marchandisation” des diplômes de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-Marseille.1


Quand des établissements privés délivrent un diplôme d’État


Depuis 2008, l’IEP d’Aix-en-Provence multiplie les partenariats avec des organismes de formation privés français ou étrangers. Le principe est simple : moyennant une part sur les vertigineux frais d’inscriptions pratiqués par ces organismes, ceux-ci délivrent un “Master d’études politiques” de l’IEP d’Aix. Ces partenariats concernent essentiellement des masters en management et marketing : des formations bien éloignées des formations originelles d’un IEP (science politique, carrières publiques…).


Une conséquence du désengagement de l’État


Outre l’«ouverture sur le monde privé » affichée par la direction, cette politique est un apport financier important pour un IEP qui connaît de sérieux problèmes budgétaires : pas moins de 700.000 euros de budget en 2013 ! Une rentrée non négligeable puisque, comme tout établissement d’enseignement supérieur, l’IEP subit un désengagement financier important de l’État depuis 2008 et la loi LRU.


“Sciences Po”, une marque à vendre


L’IEP d’Aix met ainsi en vente son nom et sa capacité à délivrer des diplômes d’Etat pour maintenir et augmenter son budget, devenant une simple “agence de diplomation”, sans aucun contrôle pédagogique sur ses partenariats. Ainsi, plus de 40% des diplômé-e-s 2013 de l’IEP le sont via ces partenariats, et malgré le fait que la majorité d’entre elles et eux n’ont jamais croisé un-e enseignant-e-chercheur-euse de l’IEP !


Un phénomène plus global


La “polémique” à l’IEP d’Aix n’est que la partie émergée de l’iceberg. Ce phénomène est plus global : de nombreux établissements privés nouent des conventions avec des établissements publics pour délivrer des diplômes d’État, alors que le contrôle pédagogique de l’établissement public est rare. Les établissements privés n’hésitent pas à jouer de la concurrence entre les universités, induite par la loi LRU et confirmée par la loi ESR : en atteste l’ouverture d’une nouvelle chaire à l’IEP de Bordeaux financée par l’industrie de l’armement, à savoir le conglomérat Dassault – Safran – Thalès
2, et les risques sérieux que fait peser ce financement sur un enseignement public critique à l’IEP. A Lille, faute de conventions, le rectorat peut menacer de valider les diplômes par jury rectoral, sans parler que des établissements privés sont admis comme membres des “Communautés d’Universités et d’Établissements” (la “Catho” ou FUPL à Lille par exemple).


Luttons contre la marchandisation de l’enseignement supérieur


Solidaires Étudiant-e-s revendique une université publique, gratuite et ouverte à toutes et tous, qui ne laisse aucune place aux “formations” privées. Nous refusons que les formations universitaires ou pire, les diplômes et “marques”, soient vendues à des organismes privées dont l’unique objectif est la rentabilité et qui n’ont aucun souci de la formation des étudiant-e-s et des conditions de travail des personnels.

 

1http://www.mediapart.fr/journal/france/071014/les-etudiants-de-liep-daix-protestent

2http://www.fondation.univ-bordeaux.fr/chaire/defense-et-aerospatial

 

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